L'INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE


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LINDUSTRIE AGROALIMENTAIRE



Un tour d'horizon inspiré du livre de l'auteur John Robbins " Se nourrir sans faire souffrir" Éditions Stanké,
Source: Magazine Guide Ressources

APRÈS LA LECTURE DE L'INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE
LIRE :

LES DROITS DES ANIMAUX UNE ENTREVUE AVEC JOHN ROBBINS

L'agro-industrie est en train de détruire complètement les sols de l'Amérique et les forêts tropicales. Pourquoi ? Pour nourrir des animaux dont l'existence est entièrement programmée en vue de nous fournir leur lait, leurs oeufs ou leur chair! Ces animaux rendus fous, malades, volontairement anémiques ou trop gras, dopés par un arsenal impressionnant de produits chimiques toxiques, sélectionnés uniquement en fonction de leur finalité dans notre alimentation, élevés dans les conditions complètement anti-naturelles de la ferme-usine, nous rendent, à notre tour, malades. L'Amérique du Nord creuse sa tombe avec ses dents.

Peu importe ce que vous avez mangé à votre dernier repas, il y fort peu de chances que votre nourriture n'ait pas contribué d'une manière ou d'une autre à la dégradation ou à la pollution de la planète. Et si vous avez mangé de la viande, l'animal qui vous l'a fournie a probablement été victime d'un destin cauchemardesque menant de la naissance à la mort par le plus court chemin. Sans le savoir, vous avez absorbé des hormones, des résidus de produits chimiques toxiques, trop gras et de protéines animales. Ces faits sont les caractéristiques essentielles du régime alimentaire standard en Amérique du Nord aujourd'hui. Des faits que l'industrie agroalimentaire et les multinationales de la Chimie qui en dépendent et l'ont façonnée en même temps, n'ont aucun intérêt à faire connaître. Parce que lorsqu'ils seront, connus et compris, des empires industriels devront effectuer un virage à 180 degrés... ou périr. La prochaine révolution alimentaire sera globale.

DE LA FERME-USINE À VOTRE ASSIETTE

Photo: http://www.farmsanctuary.org/
Six octobre 1988: «Alerte aux veaux nourris avec un produits interdit» titre Le Devoir, Dix octobre 1988: «campagne publicitaire de 3 millions de dollars pour stimuler l'indistrie du boeuf» annonce l'hebdomadaire Marketing. Douze octobre 1988: «croisade contre le cholestérol à l'échelle canadienne » lit-on dans, L'actualité médicale. Quinze octobre 1988: «conférence antidopage dans l'élevage ?» annonce la Presse. C'était pour les années 1980, après presque 12 ans, de 1989 à 2000 la situation a vraiment empiré, virus du cochon, salmonelle due au poulet, «dioxine», hormone de croissance bovine, maladie du hamburger, tremblante du mouton, maladie de la vache folle , E-Coli etc, la liste est longue... Dans la seule année de 1988 en moins d'un mois, ces manchettes à première vue disparates nous avaient donné un petit aperçu des diverses facettes de notre régime alimentaire. Aujourd'hui nous entendons presque qu'à toutes les semaines dans les manchettes de plusieurs revues, journaux, etc. Des inquiétudes dues à la consommation de la viande, plusieurs questionnements sur les aliments transgéniques, le cancer dû a notre trop grande consommation de gras animale, les animaux qu'on veut modifier génétiquement, le clonage, la xénotransplantation etc. Mais, rien de tout cela n'indique l'ampleur globale du désastre dont les conséquences à long terme qui n'ont pas encore été mesurées : la quantité de souffrances, de dégradations et de maladies entraînées par notre alimentation est à la mesure de notre inconscience individuelle et collective. Fort, peu d'entre nous avons la moindre idée des événements et des méthodes qui mènent l'oeuf, à la viande et aux produits laitiers dans nos assiettes.

S'il nous arrive encore mais très rarement de voir paître des vaches laitières et des boeufs destinés à l'abattoir, il y a belle lurette que les cochons et les volailles sont disparus du paysage de nos campagnes. Parfois on les sent, lorsque le vent charrie l'odeur du purin des porcheries ou de l'atmosphère des bâtiments où s'entassent des milliers de poules et de poulets, mais on ne les voit pas et on ne les entend pas. Ces animaux, eux, respirent cet air vicié tout au long de leur existence, du premier au dernier jour. Toute leur vie se passe dans des cages ou des enclos, dans des conditions de surpopulation et d'hygiène à l'opposé de leurs instincts les plus élémentaires.

Chacun sait (ou devrait savoir) que les animaux ont des sentiments, une vie sociale, qu'ils sont intelligents, capables d'affection, qu'ils éprouvent un attachement viscéral envers leurs petits et qu'ils ressentent la douleur, la peur et le bien-être tout comme nous. L'arrivée de la ferme usine a tiré un trait sur tout ce qui constitue la nature des animaux destinés à la consommation humaine. La logique de la ferme usine est la logique de la chaîne de production industrielle : la tranche de steak dans nos assiettes a obéi aux mêmes lois que la production des stylos Bic. À la différence près que la tranche de steak était en vie.


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Il ne s'agit pas ici de sentimentalisme mais de nature. Si on appliquait l'interdiction des traitement cruels aux animaux de compagnie à ceux qui sont destinés à la consammation humaine, la plupart des élevages et toutes les ferme-usines devraient fermer leurs portes immédiatement, car les animaux d'élevage sont privés de leurs conditions de vie naturelle et forcés à un régime qui ne tient aucun compte de leurs besoins, de leurs instints et encore moins de leur bonheur. Dans ces conditions lamentables, les éleveurs utilisent une panoplie impressionnante de drogues pour empêcher les épidémies, calmer les bêtes qui sont au bord de la folie, soigner les animaux malades et les garder en vie jusqu'au moment où ils seront abattus. Malgré cela, beaucoup d'animaux succombent en cours de route, parfois dévorés par leurs propres congénères.

Il existe encore de petits élevages qui n'ont pas toutes les caractéristiques de la ferme usine mais, si rien ne change, leurs jours sont comptés. Pour demeurer compétitifs avec les grandes compagnies qui possèdent des centaines de milliers de bêtes, les petits éleveurs doivent utiliser les mêmes méthodes et s'approvisionner aux mêmes endroits. Déjà le destin de plusieurs de ces entreprises a été de devenir de simples filiales d'une compagnie plus grosse, les agriculteurs devenant de simples salariés payés au rendement et jouissant du même statut que les animaux dont ils ont la charge: celui d'une petite pièce dans la machine à profit.

Le fait que l'industrie de l'élevage présente désormais les caractéristiques d'une industrie manufacturière a conduit tout « naturellement » les grandes compagnies et les grands éleveurs à faire appel à l'arsenal chimique disponible et même à l'ingénierie biologique. En 1978, R.S Gowe de l'institut de recherche animale d'Agriculture Canada déclara dans une conférence à Ottawa qu'on essaie de développer DES RACES DE POULET SANS PLUME, DES ANIMAUX SANS PATTES. Aujourd'hui on parle de cochons volontairement rendus infirmes pour pouvoir en tirer un profit de 4 jambons par cochon, il y a aussi un projet pour les poulets: des pauvres poulets rendus infirment pour produire 4 cuisses - par poulet.

Photo: http://www.farmsanctuary.org/ Le but est toujours le même : produire plus, plus vites, des animaux plus gros et plus gras qui seront convertis plus facilement en nourriture humaine. Tous les moyens sont bons: il existe actuellement plus de 3 500 produits vétérinaires légalement disponibles.

Ce sont ces animaux « produits » dans des conditions complètement artificielles qui se retrouvent dans nos assiettes. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est que nous ingérons la misère, la folie et le stress intenses de ces animaux en même temps que les résidus des drogues et des produits chimiques toxiques qu'on leur a injectés ou dont il a été nourris et arrosés.

«Les pesticides ne sont pas le genre de substance qu'on aime à voir traîner dans l'environnement, mais ils le font. Les pesticides de la famille des organochloré - DDT, aldrine, kepone, dieldrine, chlordane, heptachlore, endrine, mirex, BPC, toxaphène, lindane, etc. - sont des composés extrêmement stables. Ils ne se décomposent pas avant des décennies, et dans certains cas, des siècles.... Au moment où le dieldrine fut interdit, en 1974, la federal drug Administration en retrouva dans 96% de la viande, de la volaille et du poisson consommé aux États-Unis, dans 85% des produits laitiers et dans la chair de 99,5% des Américains.» ( Extrait de Diet for New America)

LE MYTHE DE LA «MEILLEURE» PROTÉINE

La justification scientifique de notre avidité à consommer de la viande tire son origine d'une recherche réalisée sur des rats en 1914. Dans cette étude, Osborn et Mendel découvrirent que les rats grandissaient plus vite lorsqu'ils étaient nourris avec des protéines animales plutôt qu'avec des protéines végétales. Peu après, on classa les protéines animales dans une catégorie supérieure à celles des protéines végétales et on détermina que l'oeuf contenait la proportion idéale des dix acides aminés essentiels qui assuraient la croissance la plus rapide. Cependant, des recherches ultérieures ont démontré que, si ces rats grandissaient effectivement plus vite, ils mouraient aussi plus jeunes et souffraient de beaucoup plus de maladies que les rats végétariens. D'autres études sur quantité d'autres animaux ont donné des résultats similaires.

Depuis ce temps, toutes les études comparant les niveaux de santé de populations humaines carnivores et végétariennes sont sans équivoque: les populations végétariennes sont en meilleure santé et vivent plus longtemps, les athlètes végétariens ont une résistance jusqu'à trois fois supérieure à celle des carnivores, etc.

Voilà les hard fact que l'industrie agroalimentaire du boeuf, de la volaille, des oeufs, des produits laitiers et les empires chimiques qui les portent à bout de bras ne tiennent pas à faire connaître.

LA FILIÈRE DES CORPS GRAS ET DE LA VIANDE

Photo:http://www.farmsanctuary.org/ Déjas, en 1970, approximativement 50% des décès survenus aux États-Unis furent la conséquence de crises cardiaques ou de maladies vasculaires cérébrales, des "accidents" causés directement par l'athérosclérose qui, elle, est liée à la consommation exessive de gras et de cholestérol. Au Canada et au Québec, en 1982, les chiffres étaient respectivement de 46% et 45%. La principale source de gras et la seule source de cholestérol ( si on ajoute le poisson ) dans le régime standard nord-américain proviennent de protéines d'origine animale: animaux de boucherie, volaille, oeufs et produits laitiers. En 1970, le cancer causait 17,2% des décès chez les Américains. En 1982, le cancer était la cause de 24% des décès au Canada. Aujourd'hui on estime qu'une personne sur trois développera le cancer. Malgré les milliards de dollars consacrés chaque année à la "lutte" contre le cancer, celui-ci n'a pas cessé de progresser depuis le début du siècle. Or, si on examine un seul instant les statistiques du cancer du colon, de la prostate ( désormais au même rang que le cancer du poumon chez les hommes ), et du sein en les mettant en rapport avec la consommation de viande et de gras dans différents pays, le facteur de risque représenté par ce type d'aliments crève les yeux ( voir tableau). Le régime nord-américain standard a aussi une autre conséquence: il fournit une grande partie des calories dont nous avons besoin pour vivre sous forme de protéines animales et dans un pourcentage trop élevé. La conséquence de ce régime est l'ostéoporose, une décalcification des os qui se manifeste surtout après 50 ans.

Les nutritionnistes estiment généralement qu'on a besoin de 1 5000 milligrammes de calcium par jour pour se protéger de l'ostéoporose, cela est vrai pour les femmes à partir de la ménopause, mais pour tous les autres, c'est 1 5000 milligrammes sont requis seulement si nous consommons beaucoup de protéines, en particulier de protéines animales. Il existe nombre d'études scientifiques démontrant que l'ostéoporose n'est pas tant liées à une déficience en calcium qu'a un régime trop riche en protéines animales. Le métabolisme de ces protéines en excès siphonne littéralement le calcium des os dans sa tentative de maintenir le taux d'acidité du sang. Peu importe la quantité de calcium ingérée, celle-ci n'a aucun effet sur l'équilibre du calcium dans le sang si l'ingestion de protéines animales, qui forme des acides dans le sang, est trop élevé. Les végétariens sont en partie protégés contre l'ostéoporose, même s'ils consomment trop de protéines, parce que les protéines d'origine végétale forment des bases plutôt que des acides et n'exigent pas que le corps fasse appel au calcium des os pour maintenir le PH du sang.

À l'âge de 65 ans, 25% des femmes américaines ont perdu entre 50% et 75% de la masse de leur squelette. La perte moyenne de toutes les Américaines de 65 ans et plus est de 35%! Des études publiées dans THE AMERICAN JOURNAL OF CLINICAL ont clairement démontré que la consommation de produits laitiers n'augmente nullement la densité des os car tous les avantages de l'apport supplémentaire de calcium sont automatiquement annulés par le surplus de protéines contenu dans le lait. Il y a actuellement chez les femmes plus de décès causés par l'ostéoporose que par le cancer du sein ou du col de l'utérus.

UN PEU DE CHIMIE SCANDALEUSE

Citation:
"Nous sommes pa ce que nous mangeons, nous sommes ce que nous ch... pas." Hugh Romney

La liste des méfaits du régime alimentaire standard ne s'arrête pas là. Selon de nombreuses études américaines, 95% à 99% des pesticides que nous ingérons proviennent de la viande, du poisson, de la volaille, des oeufs et produits laitiers. La raison est simple : les animaux concentrent ces résidus dans leurs graisses et sont haut placés dans la chaîne alimentaire. Actuellement, il n'y a probablement plus un seul vertébré sur la planète qui ne soit contaminé par les polluants que l'homme a déversé. Le fait que ces substances soient cancérigènes et parfois mutagènes fait peser une menace inouïe sur la santé de toute la planète, sur notre patrimoine génétique et sur notre capacité de nous reproduire. La baisse de fécondité chez les hommes et l'abaissement continu de l'âge de la puberté en sont des exemples frappants.

Il y a 35 ans, le taux de stérilité était inférieur à 0.5 % chez les étudiants universitaires américains. Aujourd'huis près de 28 % d'entre eux sont stériles. De récentes études gouvernementales ont trouvé des BPC dans 100% des échantillons de sperme testés. On considère que le BPC est une des causes principales du fait que le nombre moyen de spermatozoïdes chez un mâle américain est aujourd'hui 70 % de ce qu'il était il y a 30 ans.

LA DESTRUCTION DE LA PLANÈTE

Les pénuries alimentaires seront, aux années 2000, ce que la crise de l'énergie a été, aux années 70 et 80. - citation : A, Hammer, président d'Occidental Petroleum

Pendant que nous empoisonnons les terres qui servent à nourrir le bétail et les humains avec une quantité d'herbicides et de pesticides, l'usage intensif d'engrais chimiques détruit la mince couche d'humus qui supporte les cultures et les pâturages.

Il y a deux cents ans, la plupart des terres cultivables américaines avaient au moins 21 pouces d'humus. Aujourd'hui il n'en reste que 6 pouces et le rythme de l'érosion s'accélère. Le même phénomène se produit au Canada et au Québec où l'Union des producteurs agricoles commence à s'alarmer du dépérissement rapide de la couche d'humus. Pour continuer de fournir l'Amérique en boeuf, les multinationales ont commencé à se tourner vers les pays tropicaux de l'Amérique centrale et de l'Amérique su Sud. En 1960, quand les États-Unis ont commencé à importer du boeuf, l'Amérique centrale comptait 130 000 milles carrés de forêt vierge. Vingt cinq ans plus tard, il n'en reste que 80 000 milles carrés. À ce rythme, il n'en restera rien dans 40 ans.

Cette disparition des forêts et des habitats tropicaux est la cause principale de l'extinction annuelle de milliers d'espèces vivantes. À mesure que la destruction avance, le rythme s'accélère. Si la tendance actuelle se maintient, le taux d'extinction atteindra 10 000 espèces par an dans le début des années 2000. Au cours des 30 prochaines années, 1 000 000 d'espèces disparaîtront. Et une fois disparues, elles ne reviendront pas.

L'industrie de la viande a aussi un autre besoin immense: l'eau. Plus, de la moitié de l'eau consommée aux États-Unis servent à abreuver le bétail et à faire pousser les récoltes pour le nourrir. Ces animaux produisent également 20 fois plus d'excréments que toute la population américaine, soit l'équivalent de 4 milliards d'humains. Or la région de Hautes Plaines ( du Kansas jusqu'au Nouveau Mexique ), où se concentre la moitié de cette production, ne reçoit pas assez d'eau pour subvenir à ses besoins. On doit donc pomper l'eau d'une immense nappe aquifère, l'Ogallala, qui contient autant d'eau qu'un des Grands Lacs. Mais au rythme annuel de 13 000 milliards de gallons, elle sera épuisée en 2012, et toute cette région deviendra inhabitable par les humains. On comprend donc les Américains d'être très intéressé par l'eau canadienne. Laisserons-nous détourner les eaux du bassin hydrographique québécois pour nourrir le boeuf américain ? Sans parler du fait que les millions de porcs québécois polluent déjà comme si nous étions quarante millions d'habitants.

SI NOUS RETROUVONS LA SAGESSE

Le tableau que nous avons sous les yeux et dont nous faisons partie est celui de notre lent suicide collectif : non seulement nous nous tuons à petit feu par notre propre alimentation mais nous tuons également la planète en soumettant des milliards d'animaux à la torture. Nous avons oublié que nous sommes aussi des animaux et que nous appartenons à la Terre. Nous n'avons qu'à nous en rappeler.

Source:
Guide ressources



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