LES DROITS DES ANIMAUX


Une entrevue avec John Robbins: auteur de "Se nourrir sans faire souffrir".

Par Stéphan Bodian

Que serait l'homme sans les animaux ? Si les animaux disparaissaient, les hommes mourraient de solitude. Car tout ce qui arrive aux bêtes arrive bientôt aux hommes. Toutes les choses sont reliées. Nous le savons. Toutes les choses sont reliées comme le sang qui unit une famille. Tout ce qui est le destin de la Terre est le destins des fils de la Terre. L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il en est à peine un brin. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même.

L'ÉLEVAGE INDUSTRIEL A DÉVELOPPÉ SES CAMPS DE CONCENTRATION. SE LIBÉRER DE SA DÉPENDANCE, C'EST FAIRE UN PAS DE PLUS VERS LA CONSCIENCE UNIVERSELLE.

Questions à John Robbins

POURQUOI ACCORDEZ-VOUS TANT D'IMPORTANCE AU VÉGÉTARISME ET AU MOUVEMENT POUR LES DROITS DES ANIMAUX ?

Le développement de la compassion, de la santé chez l'être humain est indispensable à son évolution. Sans cela, nous ne survivrons pas. Je ne suis pas un puriste du genre: «Ne mangez jamais de viande sous aucun prétexte.» Mais toute personne sensible et humaine trouverait les techniques d'élevage et de reproduction de viande animale tout à fait inadmissible et intolérable.

Il est désolant de voir que des gens qui autrement sont humains et moraux justifient cette brutalité en disant que cela a toujours été ainsi. Oui, assurément les animaux ont été maltraités depuis toujours: en fait, un être cynique a déjà dit que la caractéristique principale de l'humanité à travers l'histoire a toujours été son inhumanité...Mais jamais auparavant la cruauté n'a été aussi institutionnalisée et produite à la chaîne.

LE NOMBRE DE DROQUES DANGEREUSES UTILISÉES DANS LES PRODUITS ANIMAUX EST FARAMINEUX.

Maintenant, avec certaines drogues, il est possible de garder un animal vivant dans des conditions où auparavant il serait mort de stress. Les animaux des fermes d'élevage, c'est-à-dire le bétails, 99,9% de la volaille, les poulets à rôtir, les poules pondeuses, les boeufs, les vaches laitière, et à peu près tout le porc et le veau etc., sont nourris avec un flot constant de drogues dangereuses. Presque tous les animaux de boucherie reçoivent leur dose quotidienne d'antibiotiques dans leur alimentation.

Nous aimons croire que nous sommes protégés, mais ce n'est pas le cas. Par exemple, l'estampe violette utilisée pour marquer que la viande a été inspectée et approuvée a finalement dû être retirée du marché parce que l'encre était cancérigène. Pouvez-vous vous imaginer? De la teinture violette...

L'Administration des Aliments et Drogues ne peut pas empêcher l'industrie alimentaire d'utiliser ces drogues. Les tests requis sont si fastidieux qu'ils sont à peine effectués. Le nombre de drogues dangereuses utilisées aujourd'hui dans les produits animaux de l'industrie et faramineux.

Par exemple, le chloramphénicol a été sur le marché pendant des années comme un antibiotique puissant pour usage vétérinaire. Il engendre chez l'humains, dans un pourcentage faible mais significatif, une maladie grave appelée anémie aplastique. Il n'y a pas moyen de savoir à l'avance qui va en succomber.

La compagnie qui fabriquait cette drogue savait cela mais a quand même continué à la distribuer pendant des années. Finalement, l'usage de chloramphénicol fut déclaré illégal, sauf dans les cas extrêmes où aucun autre traitement n'est efficace et qu'il s'agit d'une situation de vie ou de mort.

Des quantités infimes de cette drogue peuvent tuer des gens hypersensibles et pourtant je l'ai vue utilisée régulièrement sur des veaux. Il n'y a aucune façon de déterminer combien de personnes en sont peut-être mortes où combien de métabolismes humains ont été détraqués par cette substance nocive.

Un autre exemple est l'injection d'hormones chez le bétail ( comme l'hormone de croissance pour les bovins STbr ) et parfois chez les vaches laitières. Si une femme enceinte boit du lait d'une vache traitée, il est tout à fait possible que sans le savoir elle consomme des oestrogènes. Si elle est enceinte d'un garçon, ce garçon peut être affecté de façon sérieuse. De nombreux cas de puberté prématurée, sans parler des cancers, ont été directement reliés aux hormones du boeuf et des vaches laitières.

J'AI ÉTÉ TERRIBLEMENT TROUBLÉ PAR LES ÉTUDES FAITES À PUERTO RICO OÙ L'USAGE D'HORMONES EST MOINS BIEN CONTRÔLÉ. DE PETITES FILLES NOURRIES AU LAIT DE VACHE ET AU POULET AUX HORMONES SE METTAIENT À DÉVELOPPER DES SIENS À L'ÂGE DE CINQ ANS.

Oui, et même des poils de pubis à l'âge de 2 et 3 ans. Même dans un pays comme le nôtre où le système de surveillance de la santé publique est un peu plus élaboré, l'âge du début des menstruations des femmes est en régression constante. Il a reculé de plus de quatre ans dans les 150 dernières années. Les enfants atteignent la puberté de plus en plus vite et jeune et de façon si brusque que cela ébranle tout leur organisme. Ils n'ont plus le temps normalement requis pour développer leur identité sexuelle. De nombreux facteurs contribuent à cela, mais, à un niveau biochimique, c'est directement relié à deux choses : une quantité excessive de gras dans la diète nord-américaine, en particulier des gras animaux, et les résidus d'hormones transportés par ces gras.

LA PLUPART DES ANIMAUX DE FERMES NE PEUVENT PAS BOUGER ET PASSENT TOUTE LEUR VIE SUR DES GRILLAGES.

QUELLE MISÈRE VOYEZ-VOUS DANS LE LAIT, MIS À PART LES HORMONES ?

La plupart des animaux de ferme sont confinés à de très petits espaces. Ils ne peuvent pas bouger et souvent passent toutes leur vie sur des grillages en acier inoxydable qui déforment leurs sabots et leurs postures. Ils sont croisés de façon à développer des pis énormes. leurs rejetons ne peuvent plus s'y nourrir car cela pourrait endommager leurs mamelles. C'est une autre misère.





ALORS À PART LES HORMONES, NOUS ABSORBONS, EN PLUS À TRAVERS LE LAIT TOUT LE STRESS ET LA SOUFFRANCE DES VACHES?



Inflamations des pis dues à la surproduction de lait


Infections des pis, environ un tiers des vaches laitières sont atteintes par ces infections chaque année.

Exactement. Même une nourrice sait que si elle est de bonne humeur son enfant est détendu et que, si elle est irritable, son bébé s'agite et refuse de boire son lait. Le lait véhicule ses états d'âme, autant que son toucher. Si un enfant ne répond pas bien au sein maternel, un médecin consciencieux va tout de suite considérer la situation générale de la mère pour voir si elle est bien dans sa peau. De sorte qu'elle puisse bien se lier à son enfant et que son lait exprime par osmose ce lien et cette affection.

Eh bien, le lait des vaches d'aujourd'hui vient d'animaux tourmentés et nous qui mangeons leurs produits laitiers absorbons aussi leurs souffrances.

LES VEAUX

Des horreurs de l'industrie de l'élevage, le traitement des petits veaux est sûrement le pire. On les prend à la naissance et on les tasse dans des cages à peu près des dimensions du coffre de votre voiture, Ils sont attachés par le cou et laissés à la noirceur. Ce sont des bébés, leurs cordons ombilicaux ne sont souvent pas encore tombés. Ils ne peuvent pas prendre une posture de sommeil normale, ne peuvent pas lécher, sont isolés du contact avec tout autre animal, et ne peuvent même pas faire un pas. Deux fois par jour les lumières sont allumées pour qu'ils puissent consommer une espèce de gruau conçu expressément pour leur donner l'anémie. C'est cela qui donne à leur viande cette belle couleur rosâtre. Puisqu'ils ne peuvent jamais bouger leurs muscles ne se développent pas. Le résultats est une viande tendre et délicate prisée par les gourmets.Ce traitement cruel est monnaie courante dans l'industrie laitière.

MISE À PART LA QUESTION SANTÉ, QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES ÉCOLOGIQUES ET POLITIQUES DU FAIT DE CONSOMMER DE LA VIANDE ? POURQUOI NE PAS MANGER DU BOEUF NOURRI ORGANIQUEMENT, PAR EXEMPLE S'IL S'AGIT D'ANIMAUX BIEN TRAITÉS, SANS HORMONES NI PESTICIDES ET EN EN MANGEANT EN PETITES QUANTITÉS ?

Eh bien la première chose qui me vient à l'esprit, c'est la famine mondiale. Nous savons que des millions de gens souffrent de la faim; mais il est si difficile et si pénible de se le rappeler, que la plupart des gens ignorent les chiffres exacts! Nous ne savons probablement pas que les enfants qui meurent de faims à chaque jour pourraient remplir 40 gros-porteurs.

SI LES AMÉRICAINS RÉDUISAIENT LEUR CONSOMMATION DE VIANDE DE 10 %,
60 MILLIONS DE PERSONNES POURRAIENT SURVIVRE.

Si un 747 s'écrase et tue les passagers ça fait la une de tous les journaux, si l'avion infortuné était rempli d'enfants, il y aurait une enquête du Congrès. Mais l'équivalent de 40 Boeing 747 remplis d'enfants meurent à chaque jour et on n'en entend pas parler...L'atrocité de cette notion est si intense, que notre culture s'est trouvé des façons de composer avec! La méthodes est simple: la négation, ou tout simplement l'ignorance - faire l'autruche et ne pas penser.

La plupart des gens ne réalisent pas à quel point leurs habitudes alimentaires effectent la faim dans le monde. Si le peuple américain parvenait à réduire sa cosommation de viande de 10 %, cela libérerait assez de grains pour nourrir approximativement chacune des 60 millions de personnes qui autrement mourront de faim cette année.

La quantité de céréales requise pour nourrir 100 têtes de bétail peut nourrir 2 000 personnes. La quantité de gaspillage impliquée dans la consommation de la viande est effarante. Un acre de terre peut produire 20 000 livres de pommes de terre ou seulement 165 livres de boeuf. Lequel des deux pensez-vous fournit le plus de nourriture à un monde qui a faim ?

L'industrie de la viande utilise plus d'énergie que toute autre. La tendance actuelle des fermes d'élevage est de remplacer la main d'oeuvre par l'énergie mécanique, ce qui produit peu d'emplois. Dans un élevage de volaille moyen, par exemple, il y a 90 000 poulets et seulement quelques employés pour faire fonctionner le tout. Tout, est effectué par des machines, des tapis roulants et de l'électricité.

ALORS C'EST CE QUE VOUS VOULEZ DIRE QUAND VOUS PARLEZ DES FERMES USINES?

Exactement. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour éliminer l'implication humaine. Tout d'abord parce que les humains ne peuvent pas supporter de telles conditions. Ils deviendraient fous. Les abattoirs ont le taux de rotation d'employés le plus élevé de toutes les occupations de ce pays. Ce sont des endroits de grandes souffrances et de misère. Et les hommes et les femmes qui y travaillent transportent un fardeau pour le reste de nous tous. C'est pour cela que j'ai en quelque sorte de la compassion pour eux. ils le font pour nous. Ils sont l'incarnation de notre insouciance. Ils sont comme des soldats envoyés au front pour faire la guerre à notre place. Et même en mangeant de la viande nourrie organiquement, elle est quand même abattue, dans les mêmes conditions.

IL Y A SIX FOIS PLUS DE DÉBOISEMENT CAUSÉ PAR L'INDUSTRIE DE L'ÉLEVAGE QUE PAR L'EXPANSION URBAINE.

C'est étonnant tout ce qu'il y a à gagner en devenant végétarien. Il n'y a pas un seul enjeu majeur en environnement qui ne serait considérablement amélioré. Même la couche d'ozone ! les enclos de bétail produisent de grandes quantités de méthane, de même que les termites qui dévorent ce qui reste des forêts après qu'elles ont été déboisées. Le méthane interfère avec la couche d'ozone.

REVENONS À VOTRE LIVRE "SE NOURRIR SANS FAIRE SOUFFRIR". EN 1971, FRANCES MOORE LAPPÉ A ÉCRIT DIET FOR SMALL PLANET DANS LEQUEL ELLE SE FAISAIT TRÈS CONVAINCANTE À FAIRE RENONCER À LA VIANDE. MAIS ELLE AVERTISSAIT AUSSI QU'EN ADOPTANT UNE DIÈTE LACTO-VÉGÉTARIENNE, IL FAUT SURVEILLER LA COMBINAISON DES PROTÉINES COMPLÈTES. MAINTENANT VOUS NOUS AVERTISSEZ DES DANGERS DE TROP MANGER DE PROTÉINES. SI NOUS CESSONS DE MANGER DE LA VIANDE, DES PRODUITS LAITIERS, DE LA VOLAILLE, DU POISSON ET DES OEUFS, EST-CE QUE NOUS AURONS UN RAPPORT SUFFISANT DE PROTÉINES ?

Ce que vous dites est exact, Frances Moore Lappé avait dit cela dans l'édition originale de Diet for small Planet, mais elle a réédité son livre en 1976 en encore en 1981 en y effectuant à chaque fois des mises à jour. Dans les deux éditions révisées, particulièrement dans la dernière, elle réfute complètement l'idée qu'il faut combiner les protéines. C'est tout à fait remarquable. La femme même qui est devenue célèbre en popularisant l'idée de combiner les protéines dit maintenant que c'est complètement inutile.

La plupart des gens présument que pour avoir suffisamment de protéines sans manger de viande il faut consommer des produits laitiers et faire attention à la combinaison des protéines. Mais toutes les recherches nutritionnelles et médicales des dernières années ( même les plus conservatrices) estiment qu'il est difficile de manquer de protéines en suivant un régime basé sur des aliments naturels À preuve, les gens avec des problèmes de reins qui doivent restreindre leur consommation de protéines trouvent cela très difficile à faire.

CE N'EST PAS DE MANQUER DE PROTÉINE DONT IL FAUT SE SOUCIER, MAIS PLUTÔT D'EN CONSOMMER TROP...

Je ne demande pas aux gens de me croire, ils peuvent se fier aux études originales. Tout cela figure dans mon livre: qui a fait quoi et où, pourquoi telle étude était importante, quelle mythologie a conduit à ces résultats, et quelles conclusions en découlent. Il y a eu une révolution dans les 10 ou 20 ans dans la compréhension des protéines et de la quantité requise. La voix médicale est unanime: ce n'est pas de manquer de protéines dont il faut se soucier, mais plutôt d'en consommer trop. La peur de manquer de protéines a été induite artificiellement par le lobbying des compagnies qui vendent des aliments très protéines.

J'ai demandé à l'Association américaine du coeur ( American Heart Association ) pourquoi elle conseille aux gens de réduire leur consommation de viande plutôt que de l'éliminer. Car un éditorial du journal de l'Association médicale américaine disait que 97 % des maladies cardiaques seraient éliminées par un régime végétarien. J'ai aussi demandé aux cliniciens pourquoi ils disent aux gens prédisposés à l'ostéoporose de boire plus de lait plutôt que de laisser tomber tout excès de protéines. Exemple avec les médicaments; Dans chaque cas, le raisonnement est le même: «Voyez-vous, disent-ils, si nous prescrivons à un patient malade un médicament qu'il ne prendra jamais parce qu'il est trop dispendieux ou a mauvais goût, nous manquons notre resposabilité face à lui. Nous devons trouver quelque chose que le patient va accepter.» Et ici nous parlons au public américain et le public n'est pas prêt à changer ses habitudes alimentaires...

Nous sommes des créatures d'habitudes. Dans la vie d'aujourd'hui, nous sommes appelés à changer beaucoup de nos habitudes. Chacun de nous a le choix: continuer sa routine habituelle, ou bien utiliser sa conscience et son bon sens pour trouver ce qui est vraiment requis de nous.

De continuer nos automatismes et nos habitudes non seulement nous maintiendra endormi, mais finira par détruire le monde. Nous sommes maintenant appelés à remettre en question nos racines psychologiques et émotionnelles pour découvrir qui nous sommes en réalité.

NOUS NE POUVONS PAS TROUVER CELA SANS EXPÉRIMENTATIONS, SANS LAISSER TOMBER NOS VIEILLES NOTIONS ET S'OUVRIR À UNE NOUVELLE COMPRÉHENSION.

Dans mon livre j'invite les gens à essayer. Je ne dis pas que vous devez être végétarien, bien que vous puissiez décider que c'est une bonne idée, une fois que vous aurez su ce qu'on fait aux animaux, à la nourriture, et les conséquences sur la santé et l'environement.

Tentez cette expérience pour vous-même et aussi pour tout ce qui vit. Cela peut sembler égoïste, dans le sens que vous vous porterez mieux; mais ce n'est pas seulement égoïste parce que cela implique que vous donnez vie à beaucoup des valeurs auxquelles vous croyez. C'est excitant de réaliser que ce qui vous sert. sert aussi aux autres. La façon la plus socialement et politiquement responsable de manger est aussi la plu saine, la plus économique, la plus humaine et la plus libératrice. Chacun doit découvrir cela pour lui-même. Cela a été une des plus grandes joies de ma vie parce qu'en réalisant cela, j'ai découvert l'ordre hiérarchique qui sous-tend nos vies et l'univers naturel. appelez ça «la loi de dieu », ou «la loi cosmique », ou «l'intelligence universelle ».

Nous ne sommes pas ici pour lutter entre nous. Il y en a assez pour tous. Ce qu'il y a de meilleur pour moi, c'est aussi le meilleur pour vous. Je n'ai pas besoin d'ignorer vos besoins ou de me fermer au Tier-Monde, aux minorités ethniques ou aux animaux et à l'environnement pour rencontrer mes besoins. Je n'ai pas besoin de me construire une identité sur la compétition. En fait, mon être tire ses racines les plus profondes dans la fécondité de l'univers. Je n'ai qu'à vivre cette aventure simplement, avec un coeur ouvert , autant à mes besoins qu'à ceux des autres.

Chaque prise de conscience que nous faisons éveille en même temps la conscience collective. Chaque mouvement d'affection, de compassion et de dévouement à la vérité aide parce que nous faisons tous partie du même corps organique. Cela émet un signal à travers le système nerveux de la Terre auquel les hommes sont branchés, pour dire qu'il est possible de vivre ensemble sans faim, sans conflits, sans cruauté envers les animaux ou entre nous.


Source texte: Guide ressources

Source photos: farmsanctuary,
Ahimsa

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