L'enfer des animaux de laboratoires
Albert Daveluy, Ph.D. (biochimie )
[Publication officielle de la Direction des pesticides d’Agriculture Canada]. « Document des décisions -
Pyridate (herbicide) »

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: Voici des exemples concrets, illustrant la cruauté des tests de toxicité des pesticides sur les animaux de laboratoire. Pour le pyridate, un herbicide destiné aux cultures de maïs et de tomates, pour tuer les « mauvaises herbes », on a administré, par gavage, l’herbicide à des chiens pour déterminer la dose capable de faire mourir 50 % de ces animaux, après plus de deux semaines de souffrances. Cette dose létale, appelée « DL50 », se situait à 3,000 milligrammes par kilo de poids corporel de l’animal.

Les souris se sont montrées plus résistantes que les chiens. Pour les faire mourir, on a dû gaver des femelles avec plus de 28,400 milligrammes d’herbicide par kilo de poids corporel… Pour un homme de 70 kilos, cela ferait environ 2 kilos d’herbicide avalé d’un coup! Quant aux lapins, ils ont eu droit à l’application du produit sur leur peau écorchée, jusqu’à ce qu’ils en crèvent, histoire de déterminer la « DL50 » par voie dermique aiguë; la valeur obtenue était de 2,000 milligrammes de pyridate par kilo. Les cobayes, pour leur part, ont reçu l’herbicide dans les yeux.

On a fait aussi des « études de 90 jours par voie orale », en gavant les chiens chaque jour avec du pyridate dans l’huile de colza (elle-même toxique, soit dit en passant). Signes d’intoxication notés : « diarrhée », « démarche instable »,
« anomalies oculaires ». Et dans l’épreuve d’empoisonnement des chiens pendant un an, avec de la nourriture contaminée au pyridate, on a observé « une incidence accrue de vomissements »…

Chez les rats, on a observé dans les poumons des liquides étranges, « liés à une pneumonie lipidique » (i.e. graisseuse) qui pouvaient « ne pas être liés au produit ». Savez-vous pourquoi? Très simple! C’est parce qu’il arrive souvent, au cours des gavages, que les techniciens, par maladresse, introduisent le tube de gavage dans la trachée, forçant ainsi dans les poumons le mélange d’huile et de pesticide.

Notons que tous ces tests, consommant des milliers d’animaux pour chaque produit, sont répétés pour l’herbicide thifensulfuron, l’insecticide clofentézine, et pour des milliers d’autres produits chimiques.
Diflufenzopyr

Voici comment on a mené des tests de toxicité de cet herbicide, le diflufenzopyr, en avril 1999. L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, rattachée à Santé-Canada, torturent dans ses laboratoires nombre d’animaux pour tester des produits toxiques. Des lapins ont eu droit au produit dans les yeux et sur la peau à des doses mortelles (pour vérifier la dose létale par absorption cutanée). Même si le produit a une faible toxicité aiguë par voie cutanée, on a quand même appliqué des doses suffisantes pour provoquer la mort, afin de déterminer la dose létale : DL50 à 50 g/kg de masse corporelle. L’herbicide fut aussi instillé dans les yeux des lapins et le rapport de toxicologie mentionne qu’il était «modérément irritable ». L’application cutanée à des lapins durait six heures et se faisait tous les jours pendant 21 à 24 jours consécutifs.

Toujours lors de ces tests toxicologiques pour l’homologation du diflufenzopyr, des souris furent gavées avec le pesticide à 97 %. Les souris étaient tuées au bout de 3 jours. De plus, on a soumis les rongeurs à un régime alimentaire contenant le pesticide pendant plusieurs semaines puis elles furent tuées. En plus des lapines et des rongeurs, des chiens beagles mâles et femelles servaient de cobayes pour le pesticide. On a administré dans leur régime alimentaire du diflufenzopyr à 98 %. Cette torture appelée par les chercheurs un « traitement » a duré près de 52 semaines. Les chiens souffrirent de nombreuses affections : assèchement de la peau, lésions cutanées, anémie, nodules lymphatiques et des reins, perte de poids, atteintes à la moelle osseuse, à la rate, au foie et aux reins.

  • Cinquante millions de kilogrammes de pesticides sont utilisés chaque année au Canada, selon le World Wildlife Fund.

  • Dans les années 80, une étude malienne a révélé que les femmes vivant près de champs de maïs arrosés de Atrazine avaient 4.4 fois plus de chance de développer un cancer des ovaires que les femmes non exposées à ce pesticide. Atrazine a aussi été relié à la leucémie et à d’autres cancers.
Combien de fois a-t-on entendu : « Oui, mais si on ne le fait pas sur des animaux, il va falloir le faire sur nous! » ou encore : « J’aime mieux qu’ils le fassent sur des chiens plutôt que sur des enfants, voyons donc!… ». Si on leur demande alors ce qu’ils ont appris à ce sujet pour parler avec une telle conviction, ils répondent que ce n’est pas nécessaire… ». Ils doivent le savoir eux… Ils ne sont pas stupides… ».

S’ils avaient pris la peine de se renseigner, ils auraient découvert, par exemple, que le Dr Sidney Wolfe estime que 10,000 morts, à travers le monde, ont été causées par les anti-inflammatoires phenylbutazone et oxyphenbutazone. Ils étaient extrêmement toxiques car l’organisme humain prend 72 heures pour les métaboliser alors que les chiens le font en … 6 heures, les singes en 8 heures, les lapins en 3 heures sans aucun effet toxique. Ils auraient appris aussi que 3,500 jeunes asthmatiques sont morts des conséquences d’un inhalateur à l’isoprénaline. Ce produit cause des lésions au cœur chez les rats mais non chez les chiens ou les cochons, et les chats peuvent supporter des doses 175 fois plus élevées qu’un asthmatique avant de succomber.

Sommes-nous « protégés » par l’expérimentation animale ou bien menacés? Combien y a-t-il qui préfèrent la conviction confortable de ceux qui ont choisi l’ignorance volontaire et qui s’en vantent en s’écriant : « En tout cas, vous aimez les animaux plus que les êtres humains… pas moi!! » Être contre la vivisection ce n’est certainement pas… « aimer les animaux plus que les êtres humains… ».

Être contre la vivisection c’est être scientifiquement informé et engagé en faveur de la science. C’est être pour les êtres humains et les animaux, sans choisir. Albert Simon


Source: bulletin d'Ahimsa: Ahimsa


Le test « DL50 » se fait sans anesthésie et sans contrôle de la douleur, afin d’éviter toute interférence causée par des médicaments. Au cours du test, on observe les signes d’empoisonnement aigu des animaux : douleurs extrêmes, gémissements, diarrhée, vomissements, convulsions, détresse respiratoire et… mort.















Fallait-il torturer et sacrifier des animaux pour savoir qu’un herbicide est un produit toxique pour les humains, les animaux et la Nature? À quand une loi pour interdire ces pratiques cruelles et inutiles?
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